Ce que vous avez manqué à la 7ème édition de la Conférence Nationale sur les Logiciels Libres en Tunisie [1/2]

A travers ce billet, je vous présente un retour sur la conférence nationale sur les logiciels libres en Tunisie. Il s’agit de la 7ème édition de cet évènement annuel organisé par le Ministère des Technologies de l’Information et de la Communication. Au menu, des interventions intéressantes, instructives, voire surprenantes parfois! (les présents savent de quoi je parle, sinon, il faudra cliquer sur « Lire l’article » 🙂  ).

Un dernier point avant de commencer, ce que je reporte ci-dessous est relatif uniquement aux deux premiers panels auxquels j’ai pu assister (cf. programme complet au site de la conférence).

Après l’allocution de bienvenue donnée Mme. Syrine Tlili, Responsable de l’Unité Logiciels Libres du Ministère des Technologies de l’Information et de la Communication, c’est M. Faouzi ZAGHBIB, President de la Fédération Nationale Tunisie (ou basés sur des technologies open source) et le manque de grands projets à l’échelle nationale malgré un terrain favorable, qualifie-t-il, caractérisé par:

  • La présence d’une Unité des Logiciels Libres (ULL) qui agit au niveau national
  • L’accessibilité des TIC (couverture respectable en Internet et en nouvelles technologies)
  • La très grande pénétration du Web social
  • La présence de 2 000 entreprises tunisiennes exerçant dans les TIC dont 600 produisant des services à haute valeur ajoutée

Il a aussi fait remarquer l’absence de services aux citoyens et il a cité à titre d’exemples: e-Health, e-Tourisme et e-Justice.

Une 3ème allocution d’ouverture a été planifiée pour le Ministre chargé de la Réforme administrative et qui a été assurée par son collaborateur M. Ahmed ZARROUK, Directeur de la fonction publique au Premier Ministère.

M. ZARROUK a initié le thème du premier panel : l’Open Government. Il a ainsi présenté ses 3 principes:

  • Transparence
  • Participation
  • Collaborativité

Je précise à ce titre que ces principes ne sont que ceux définis dans le cadre de l’Open Government Initiative: projet porté et piloté par Barack OBAMA en personne, et ce, dès son premier jour à la Maison Blanche (Pour en savoir plus).

La star de la conférence a été voulue M. Séverin NAUDET (invité en tant que Keynote Speaker), puisqu’il occupe les fonctions du Directeur d’Etalab (mission pour l’open data français), et qui était Vice-Président en charge du contenu chez Dailymotion. Cependant, il a été très visible à l’assistance que l’éclat donné par le charismatique Pr. Tawfik JELASSI a largement dépassé celui du Keynote Speaker.

Pr. JELASSI a illustré d’une manière très visuelle les différents aspects de l’open gov allant des définitions de base jusqu’aux modèles de mise en place. Je vous présente dans ce qui suit les sujets qui m’ont attiré le plus, et je vous laisse apprécier les slides du Professeur si vous souhaitez en savoir plus.

  • L’administration américaine s’est dotée d’un Chief Information Officer (CIO) pour la première fois de son histoire et ce, en 2009. Vivek Kundra nommé à ce poste, reportait directement au président Obama! (comme quoi il est important d’avoir une ligne directrice pour le pays en termes de technologies de l’information, et que cette fonction peut se disperser en multipliant les instances en charge, à bon entendeur). Plus d’infos sont sur le site de ce conseil: http://www.cio.gov/.
  • La mise en place d’un open gov, comme tout autre changement fondamental, peut avoir deux démarches d’adoption, soit radicale, soit réformiste et pour utiliser les termes de Pr. JELASSI, on distingue deux modèles:
    • Le modèle de la porte arrière: Le gouvernement centralise les informations et se dirige progressivement vers l’ouverture
    • Le modèle de la porte avant: Co-production de l’information dans la transparence aboutissant ainsi à une ouverture naturelle du gouvernement
  • Un open gov se base sur la mise à la disposition de la communauté de données qualifiés par open data. Pour l’être, ces données doivent respecter 8 principes selon le groupe de travail Open Government Data:
    1. Les données doivent être complètes
    2. Les données doivent être primaires
    3. Les données doivent être actualisées
    4. Les données doivent être accessibles
    5. Les données doivent être traitables par voie électronique
    6. L’accès doit être non-discriminatoire
    7. Les formats des données doivent être non-propriétaires
    8. Les données ne doivent pas nécessiter une licence.
  • Avant de se définir comme open gov, il faut être déjà un gouvernement « FAST »! Ce pré-requis lourd exige que le gouvernement (et ses administrations) soient:
    • Flatter: Interagissant avec les citoyens engagés, efficace et ayant des processus de décision immédiate.
    • Agile: Capable de s’adapter aux nouveaux enjeux et contextes et suffisamment courageux pour innover et restructurer.
    • Streamlined: Ayant une organisation très efficace dans la gestion de ses ressources humaines et technologiques.
    • Tech-enabled: Mettant la maîtrise de la technologie comme pré-requis fort pour intégrer le gouvernement. Le cadre réglementaire doit aussi suivre les avancées technologiques pour éviter les vides juridiques.

Je vais m’arrêter là pour l’intervention de Pr. Tawfik JELASSI mais je vous invite à parcourir ses dipaos mises à votre disposition pour explorer la suite, dont:

  • Flux de l’information dans un OG
  • Les facteurs clés de la réalisation du Open Government
  • Facteurs d’impact
  • Potential PPP
  • Principales lois et mesures pour l’Open Government
  • Avantages de l’Open Government
  • Obstacles au Open Government

De son côté, M. Khaled SELLAMI, Directeur Général de l’Unité de l’Administration Electronique, a présenté les premiers projets du Premier Ministère dans ce sens. L’approche adoptée est axée sur deux vecteurs: Une première présence rapide via un portail open data qui contiendra les premières données « libérées » (il sera accessible sur l’adresse: http://opendata.gov.tn/, et une deuxième version, plus réfléchie et structurée, sera mise en place en un second lieu. Cette deuxième version répondra mieux aux « normes internationales » de l’open data.

M. SELLAMI a fait référence lors de son intervention au décret-loi n° 2011-41 du 26 mai 2011, qui organise et régule l’accès aux documents administratifs des organismes publics. Ce décret loi ferait éventuellement l’objet d’un billet dédié pour vous le décortiquer.

Dans le cadre du même Panel, Mme. Mouna Zgoulli, Directrice Centrale chargée de la Coordination à l’Institut National des Statistiques (INS) où la production de l’information est une activité quotidienne. Elle a insisté lors de son intervention qu’en plus de la communication des chiffres, il est aussi important de communiquer la démarche et la méthodologie permettant d’aboutir à ces chiffres.

C’est la fin de la première partie de ce retour sur la conférence historique sur les logiciels open source en Tunisie.

Au programme de la deuxième partie:

  • Les projets open data de l’INS
  • L’intervention de M. Noomane FEHRI, député à l’Assemblée Nationale Constituante (ANC) et ex-Directeur de l’innovation chez Atos Origin
  • L’intervention surprenante de M. Mohamed Saïd OUERGHI, président de l’APOS
  • Intervention de M. Fayçal BOUJEMAA, membre du groupe « Stratégie Technologie » chez le groupe France Telecom

A très bientôt.

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